Malgré de fortes critiques à l’égard de l’Union européenne, il reste de l’espoir dans les opinions qu’expriment nos citoyens

Les recueils sérieux des avis de la population sur l’Union européenne ne sont pas si fréquents que cela. Le tout dernier sondage réalisé en France, publié ce 10 juillet* est pourtant fort intéressant. Sur un fond général fort critique, je veux y voir de nombreux signes d’espoir et en tous cas une attente bien claire d’une Europe, certes bien différente de celle d’aujourd’hui, mais engagée dans un avenir constructif. Pour le dire autrement, l’« Europe bashing » a évolué. Il n’est plus systématique. Nos concitoyens font le tri entre des espoirs intacts de bâtir un avenir commun et des désirs profonds de changements dans la façon de les mettre en œuvre.

En voici quelques exemples, l’Union européenne est jugée sévèrement dans la plupart de ses actions réelles ou supposées : 63% d’opinions négatives pour la gestion du dossier migratoire, 48% sur la question de la protection sociale et de l’emploi. Une courte majorité de Français pense même que l’appartenance à l’UE aggrave les effets des crises économiques, environnementales et diplomatiques. Voilà pour le côté critique, qui avouons-le, n’est pas une surprise si l’on observe les évolutions récentes des décisions actées ou au contraire repoussées – alors qu’indispensables – par des chefs d’État et de gouvernement de plus en plus divisés, y compris d’ailleurs dans le camp même des pays de Višegrad et de leurs nouveaux alliés (je pense à l’Autriche et même parfois avec tristesse aux Pays-Bas).

Mais, en face de ces chiffres, il y a ceux qui nous permettent de ne pas désespérer : 58% des enquêtés se déclarent globalement favorables au projet européen. Si 34% des personnes interrogées déclarent éprouver un sentiment de déception envers l’UE, il y en a 20% qui expriment de l’attente, 16% de l’espoir, 15% de l’insuffisance, 9% du rejet et 6% un sentiment d’adhésion. Faisons les additions : cela fait 42% d’avis plutôt porteurs d’espoir pour l’avenir contre 43% de claire déception auxquels on ajoute 15% sans opinion. Les camps sont de même importance, le jeu est ouvert. La partie est loin d’être perdue. Heureusement.

Dans quelques mois, la campagne pour les élections européennes réanimera réellement le débat. Aujourd’hui, les listes pro-européennes probables (la Rem-Modem, Parti Socialiste, Europe Écologie les Verts) totalisent 34% des intentions de vote dans ce sondage auxquelles il faudrait ajouter environ la moitié des futurs électeurs de la liste « Les Républicains » et ceux des listes non encore clairement déclarées mais elles aussi favorables à la construction européenne (peut-être une liste UDI avec une partie de la droite modérée). Au total, cela dépasse les 40%. Insuffisant diront beaucoup et ils auraient raison, mais ce socle est finalement assez solide lorsque l’on pense à toutes les déceptions ressenties par nos concitoyens à propos des manques et de la lenteur des institutions européennes. Quant aux oppositions radicales, comment imaginer d’additionner les voix des populistes du Rassemblement National et celles des radicaux insoumis de Jean-Luc Mélenchon ? Je m’y refuse même si les élections récentes en Italie pourraient crédibiliser ce scenario.

Il y a moins de deux jours, on célébrait le succès, certes modéré, de Theresa May pour avoir rassemblé une majorité parlementaire britannique favorable à un « Soft Brexit » cherchant à préserver l’essentiel des liens entre son pays et le continent européen. Au moment où j’écris ces lignes, on vient d’apprendre la démission fracassante de trois membres de son cabinet dont le ministre justement en charge du Brexit et Boris Johnson, fameux ancien maire de Londres et ami de Donald Trump. Aux yeux de tous, la Grande Bretagne est empêtrée dans l’impossible gestion de son irresponsable décision de vouloir quitter l’Union.

Mais là est bien l’antidote. L’Europe est un combat permanent, difficile à mener. Avec des avancées lentes et souvent décevantes, avec des opinions quelque peu désemparées et des partis populistes à l’affut. Mais, aujourd’hui avec un épouvantail incarné par le choix des Britanniques : un abandon européen dont le prix à payer serait bien pire que les carences du moment qu’il nous reste à corriger.

Bonnes vacances à tous.

Robert Rochefort
Député européen

(*) IPSOS-SOPRA STERIA, Fondation Jean-Jaurès, Science Po, Le Monde.

Brèves

Robert Rochefort interpelle la Commission à propos de la qualité de l’air

En début d’année 2018, la Commission avait demandé aux ministres de l’environnement de neuf États membres de présenter un plan de lutte contre la pollution atmosphérique conforme à la réglementation européenne. Robert Rochefort s’est alors enquis auprès de la Commission sur les politiques proposées. Celle-ci renvoie à une de ses communications où elle présente les mesures prises par les États afin d’atteindre les objectifs d’air pur fixés. Elle avait d’ailleurs décidé à ce moment, de traduire en manquement six États, dont la France devant la Cour de justice de l’Union.

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La France bénéficie de Fonds d’ajustement à la mondialisation

Suite aux modifications majeures de la structure du commerce international, la France a fait appel au fonds d’ajustement à la mondialisation mis en place par l’UE afin de venir en aide aux 1858 travailleurs licenciés par Air France. Une contribution financière à hauteur de 9,8 millions € servira à mettre en place des services d’orientation, des formations professionnelles ou encore des allocations de recherche d’emploi pour ces salariés. Robert Rochefort a soutenu l’octroi de cette assistance financière permettant une reconversion rapide et efficace de ces travailleurs.

Une sécurité optimale pour les drones civils

Robert Rochefort a soutenu la résolution visant à garantir l’usage sécurisé des drones, qui deviennent de plus en plus courants. Selon les estimations, la technologie des drones civils pourrait même représenter environ 10% du marché de l’aviation de l’UE d’ici les dix prochaines années et créer quelques 150 000 emplois dans l’UE d’ici 2050. À l’heure actuelle, la majorité des drones sont couverts par des règles nationales divergentes, ce qui entrave le développement du marché. L’accord établi des principes clés, valables dans toute l’Union Européenne, qui permettront de garantir un niveau commun de sécurité.

Les « enfants fantômes », un fléau contre lequel nous pouvons agir

On estime à 230 millions dans le monde les enfants non-inscrits dans un registre d’état civil, leur appartenance à un État n’est donc pas reconnue. Cette lacune entraine de nombreuses difficultés tout au long de leur vie, notamment : participer aux activités scolaires et travailler officiellement en grandissant. Face à cette situation, Robert Rochefort a co-signé une lettre adressée à la Commission demandant à celle-ci d’envisager un programme d’accompagnement financier ciblé dédié aux problèmes liés à l’état civil au titre d’aide au développement. Cela pourrait changer la vie de millions d’enfants dans le monde.

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