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9 Mars 2011

 

Sondages : les méthodes appliquées aux marques ne doivent pas servir aux études politiques

 

Pour réaliser deux études "choc" sur les intentions de votes des Français avant 2012, l'institut Harris Interactive a organisé une loterie promettant à son panel une récompense de 7.000 euros. Je réagis aux méthodes actuelles des sondeurs.

 

Lorsque l'IFOP et la Sofres ont jadis été crées par des universitaires, leur objet était de comprendre la société française et de mener des études d’intérêt général sans but lucratif. Aujourd'hui, tous les instituts de sondage sont devenus des entreprises d’études marketing qui obtiennent leurs ressources auprès des grands groupes industriels. Il faut bien le dire, les études politiques ne sont qu’une partie minoritaire de leur activité qui est destinée à leur donner une visibilité médiatique.

 

Les méthodes de recueil des données ont bien changées et l'utilisation des panels interrogés par Internet tendent à se généraliser. En faisant l’économie des enquêteurs qui sont du coup devenus inutiles, ces « études » sont très peu onéreuses mais nécessitent en revanche des formes de rémunération pour soutenir la motivation des répondants sollicités et ressollicités à de nombreuses reprises avec des questionnaires longs et souvent fastidieux. Cela peut être leur participation à une loterie, la distribution de bons de réduction voire un dédommagement purement financier.

 

Ces méthodes très utiles pour déterminer les parts de marchés des marques en tous genres ne doivent pas servir aux études politiques à l’égard desquels la rigueur et la transparence doivent être maximales. A cet égard la proposition de loi sénatoriale Sueur-Portelli constitue une bonne base de travail.

 

Il est notamment indispensable de :

  • renforcer les modalités de contrôle de la commission des sondages
  • s’assurer d’un traitement équitable de tous les courants politiques dans les sondages
  • assurer un minimum de communication sur les redressements effectués à partir des résultats bruts
  • imposer la transparence dans le financement de toute étude publiée
  • exiger la publication des résultats de tout sondage politique financé sur fonds publics
  • publier systématiquement les résultats avec leur marge d'erreur, ce qui relativiserait sérieusement les effets d’annonce exagérés

 

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