EVENEMENTS

3 Novembre 2010

 

Le sondage IFOP publié le 2 Novembre par France-Soir est un exemple malheureux de manque de précision aboutissant à une manipulation de l'opinion très regrettable.

 

On lit en effet en une du quotidien : "Un tiers des Français ni à gauche, ni à droite, ni au centre". Pourtant, l'enquête réalisée par l'IFOP ne permet en aucune façon de conclure à un tel résultat. La question classique dite "d'auto-positionnement" des Français sur l'axe gauche-droite propose en effet une batterie de réponses aux personnes enquêtées qui va de "très à gauche" jusqu'à "très à droite" en proposant une réponse "au centre" (qui recueille 15% des avis). Pourtant, assez étrangement la dernière modalité proposée est incomplète puisqu'ainsi formulée "ni à gauche, ni à droite". Celle-ci, qui recueille 33% d'avis favorables, sert de support aux commentaires - au demeurant assez catastrophiques - du journal.

 

Il aurait fallu pour le moins que la formulation de la réponse soit "ni à gauche, ni à droite, ni au centre". Cela ne constitue pas un détail car on sait bien qu'un positionnement politique peut résulter de différents facteurs. On peut se reconnaître au centre parce que cela constitue sa famille de pensée ou bien par rejet des choix bipartisans ("il faut essayer autre chose - le centre - parce que ni la droite, ni la gauche ne conviennent"). Comme l'enquête ne permettait pas de fournir plusieurs réponses, certains ont préféré la seconde réponse à la première. Pour le dire autrement : être "ni de gauche, ni de droite" et être "au centre" ne sont pas des réponses contradictoires, bien au contraire, à la différence de toutes les autres possibilités. Le principe de base dans un sondage dit "fermé" est pourtant de fournir des propositions disjonctives, c'est à dire pour lesquelles une seule réponse est possible à la fois.

 

En procédant ainsi on introduit un biais qui tend à minorer le score du centre. Le Mouvement Démocrate est choqué par de telles pratiques qui combinent une rigueur insuffisante de l'Institut de sondage, indigne d'une grande maison comme l'IFOP, à une amplification facile réalisée par l'équipe de rédaction du journal.

 

Un rapport rendu public il y a quelques jours par deux Sénateurs s'intitule "sondage et démocratie : pour une législation plus respectueuse de la sincérité du débat public". Messieurs Hugues Portelli et Jean-Pierre Sueur formulent des recommandations visant à un meilleur encadrement de "tous les sondages politiques" et à l'élargissement du rôle de contrôle de la Commission des sondages en lui permettant de présenter des "observations méthodologiques". Cela aurait été clairement nécessaire dans le cas présent.

 

Le Mouvement Démocrate, pour sa part, sera particulièrement attentif à la qualité et à l'impartialité des sondages qui seront publiés dans les mois à venir.

Retour

PROCHAINEMENT

21-24 Mai 2012: session plénière du Parlement européen à Strasbourg

NEWSLETTER
VIDEOS

PRÉSENCES WEB
facebook