Les centristes s’interrogent sur leur place au Parlement européen

L’alliance entre MoDem et UDI annoncée la semaine dernière cible principalement les élections européennes. Pourtant les centristes s’interrogent toujours sur quel groupe rallier, entre ADLE et PPE, après l’élection. Lire aussi l’interview de Robert Rochefort, vice-président du MoDem

 

Le centre politique français est divisé de longue date. Il a surtout participé dernièrement à des gouvernements de droite. L’UDI de Jean-Louis Borloo s’affiche clairement à droite alors que François Bayrou propose une sensibilité politique plus indépendante. L’Europe est leur principal dénominateur commun.
Les centristes français ont annoncé la semaine dernière leur alliance, inscrite au sein d’une charte. Ils veulent proposer une Alternative à l’extrême droite pour les élections européennes, où des listes communes entre l’UDI et le MoDem seront présentées systématiquement.

 

Il s’agit d’un projet profondément europhile, en réaction au scepticisme français face aux questions européennes.
« Nous sommes tous très pro Européens », explique Robert Rochefort, eurodéputé et vice-président du Modem. « Or voilà longtemps que nous sommes dans des groupes politiques différents alors que nous avons le plus souvent les mêmes positions. Ce sera donc une clarification » résume le député.
Pour l’heure, les 5 eurodéputés du Modem siègent avec le groupe libéral ADLE. « Et nous en sommes très contents, Guy Verhofstadt est un très bon chef de groupe, il a très bien identifié et critiqué les dérives de l’actuelle Commission », assure l’élu.

Entre PPE et ADLE, leur coeur balance

En revanche, les 6 eurodéputés de l’UDI siègent avec le Parti populaire européen, le parti de droite qui est actuellement la principale force politique du parlement. Les élus européens penchent plutôt pour siéger avec l’ADLE désormais.
Mais l’idée ne fait pas consensus au sein de l’UDI, qui a toujours été très proche de l’UMP et participait au dernier gouvernement de droite avec le président Nicolas Sarkozy. C’est donc plus à Paris que Strasbourg ou Bruxelles que les discussions bloquent.
« Pour l’heure la question n’est pas tranchée, les discussions se poursuivent » constate Robert Rochefort dans une interview.
Le PPE comme l’ADLE se sont empressés de faire des appels du pied à la nouvelle force politique.
« Je partage le vœu exprimé par le président Joseph Daul ( le président du PPE), selon lequel, à l’issue des prochaines élections européennes, ces forces politiques puissent se rassembler au sein du Groupe PPE » a immédiatement indiqué Jean-Pierre Audy, chef du groupe de l’UMP au PPE, estimant que l’appartenance à ce groupe représente « la seule manière d’être influent au sein du Parlement européen tant par les votes que pour l’obtention de responsabilités importantes ».
L’ADLE a de son côté critiqué « la frilosité et l’opportunisme « des positions européennes de l’UMP et du PS.
Bousculé par l’annonce du lancement de l’alliance centriste, l’UMP a de son côté avancé sa campagne, promettant pour janvier prochain une clarification des positions. Au niveau national, la droite a à coeur de faire front, avec les centristes, contre les socialistes au pouvoir.

Une alliance fédéraliste qui ne dit pas son nom

Le nouveau groupe politique ne s’affiche pas ouvertement fédéraliste, même si certains de ses membres le sont ouvertement, comme l’indiquait Jean Arthuis à EurActiv. fr récemment :
« Certains transferts de souveraineté sont nécessaires, mais pas tous, et ils ne représentent pas un but en soi. Notre souhait, c’est mettre l’Europe au centre du village ; pour l’instant, l’Europe a fait trop de petites législations pointilleuses, et pas assez de législation cadre », explique Robert Rochefort.
En matière économique, la direction Europe toute » est clair, et se rapproche de celle du président François Hollande, qui appelait au printemps dernier à une gouvernance économique forte.
« Nous souhaitons arriver à un gouvernement économique de la zone euro, éventuellement avec la mise en place d’un ministre de l’économie. Nous pensons qu’il faut mutualiser une partie de la dette. Même si les écarts de rendement entre les différentes dettes des États sont désormais sous contrôle, il faut penser aux perspectives de croissance. D’ailleurs nous songeons à une réforme de fond qui puisse permettre à l’Europe d’avoir ses ressources propres, en pouvant emprunter en euros », assure Robert Rochefort.
L’eurodéputé s’inquiète enfin de la composition de la future Commission, en soulignant que certains chefs d’État ont déjà remis en cause le fait que le chef du premier parti élu au Parlement prenne le poste de président de la Commission européenne. Un postulat pourtant posé par le Traité de Lisbonne, et qui devait entrer en vigueur pour la première fois lors des élections de 2014.
« Notre crainte c’est de retomber dans une situation où ce sont les chefs d’État qui décident et non le Parlement » assure le député.

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