– Europe 1 – Les mesures annoncées par François Hollande sont indispensables pour renforcer l’attractivité économique de la France

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« C’était indispensable mais ce n’est pas nouveau » a noté Robert Rochefort. « Cela a été initié il y a 10 ans par Jean-Pierre Raffarin, et c’est à l’image de la France, une initiative lancée il y a plusieurs années et pas suivie de façon régulière ».
« Ensuite, on va attendre la France là où on l’attend toujours. Va-t-elle passer à l’acte ? Ou bien va-t-elle se contenter de beaux discours et demain, annoncer quelque chose de contradictoire avec ce qu’on a pu dire aujourd’hui. C’est l’impression qu’ont les étrangers vis-à-vis de la France, c’est à dire un pays qui n’est pas constant dans la façon de se positionner » a souligné Robert Rochefort.
« Et puis on va attendre des mesures. On peut penser qu’il y aura au moins deux directions dans lesquelles ces mesures seront importantes. La première, c’est attirer les chercheurs et les étudiants en thèse, tous ceux qui construisent la recherche de demain. Aujourd’hui non seulement on ne les attire pas mais les jeunes chercheurs français ont tendance à partir. Dans une autre mesure, l’enjeu est de favoriser la fiscalité en matière de compétitivité pour attirer les entreprises à investir en France » a analysé Robert Rochefort.
« En général on n’a pas le droit de faire de la rétroactivité fiscale or, depuis un certain temps, on « s’amuse » à faire de la rétroactivité fiscale, ce qui n’est pas de nature à faire venir des investisseurs étrangers » a estimé le vice-président du Modem.
La France: « un pays qui n’est pas constant dans sa façon de se positionner »
Interrogé par un auditeur sur la stratégie à adopter, il a ajouté : « l’attractivité pour attirer des capitaux et des entreprises étrangères, ça veut dire qu’il faut être meilleur que ses voisins. Autrement dit, les réformes que nous faisons ne sont pas mauvaises, mais la mondialisation est une course. Les autres courent plus vite que nous, l’Allemagne et l’Angleterre les premiers. Mais aussi l’Italie et l’Espagne qui ont engagé des réformes profondes et rigoureuses impliquant une baisse du coût du travail. Ces pays peuvent nous ravir des investissements dans les années à venir. Il ne faut pas être bon mais très bon. C’est là que nous attendons le gouvernement socialiste » rappelle Robert Rochefort.
La France est-elle victime de sa réputation prétentieuse et paresseuse ? « Étrangement non » a répondu Robert Rochefort. « Ce n’est pas l’opinion des autres pays et des chefs d’entreprises vis-à-vis de la France. Le sentiment général est que nous disposons d’infrastructures de qualité et d’une main d’œuvre qualifiée ».
Pour Robert Rochefort, « ils ont le sentiment que nous sommes un pays qui manque de souplesse et de constance. Ils nous reprochent d’avoir de bons atouts et de ne pas nous en servir. Quand le gouvernement met en place le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) c’est une bonne chose. Mais il reste l’idée que rien ne se met en place assez vite et que nous manquons de dynamisme notamment dans les régions ».
Robert Rochefort a estimé par ailleurs, que « si on était capable de faire comme en Allemagne, une cogestion avec les syndicats ça serait une force. Concernant le code du travail « il est délirant de complexité, personne n’arrive à le lire concrètement » a jugé le Vice-président du Modem.
« Un autre élément freine les investisseurs, c’est la durée des procédures administratives pour les entrepreneurs. Si l’on veut créer une entreprise en France, ce sont des années de procédure » a-t-il remarqué. Sur la question de la fiscalité, « c’est une compétition interne à l’Europe, il y a en France une fiscalité trop lourde même si elle est en partie compensée par le crédit impôt recherche, un élément très positif bien compris des investisseurs étrangers » a soutenu Robert Rochefort.
« Bien sûr, on peut se demander si ces annonces ne vont pas entrer en contradiction avec des prises de position de ministres dans les semaines à venir. Cela dit, il faut que la France, François Hollande et les ministres comprennent que lorsqu’on parle d’entreprise, cela comprend aussi celles qui sont de taille moyenne et petite. Le risque aujourd’hui c’est de tout miser sur les grosses entreprises » a mis en garde Robert Rochefort. « L’Allemagne, par exemple, a su jouer la carte des petites et moyennes entreprises. Elles sont essentielles dans la création d’emplois et dans l’investissement à long terme, il ne faut pas les oublier ».
« Il faut que la France se batte avec les autres et non pas en se démarquant toujours des autres » a conclu le Vice-président du Modem.

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