Deux projets pour relancer l’Union Européenne et c’est une bonne nouvelle

Le discours annuel du Président de la Commission européenne sur « L’État de l’Union » est devenu un rendez-vous important et l’on ne peut que s’en réjouir. Il est un moment d’indispensable mise en perspective des actions menées au cours de l’année écoulée et il force à expliciter la ligne politique de l’exécutif européen pour la période à venir. C’est l’une des « repolitisations » indispensables, juste réponse à la critique légitime d’une action trop technocratique des questions européennes.

Il y a quelques jours à Strasbourg, Jean-Claude Juncker s’est donc livré à l’exercice. Ses propos étaient nécessairement attendus, à un moment où l’inversion des opinions vers un soutien à l’Europe semble poindre dans plusieurs pays pour un faisceau de raisons, dont le retour de la croissance, la stagnation des populistes et l’électrochoc du Brexit et ceci à l’inverse de ce que souhaitaient ses partisans en resserrant les liens des Européens convaincus.

Le leader luxembourgeois, europhile des plus convaincus, n’est pas un optimiste forcené. Telle est sa nature. Et pourtant, il a proposé un plan réaliste et crédible pour faire progresser l’Union. Sur plusieurs points, et cela rend l’exercice des plus intéressants, il se démarque franchement des propositions formulées par Emmanuel Macron dans son discours remarqué à Athènes, devant le Parthénon le 7 septembre dernier.

Là où le président Français veut entériner une Europe des cercles concentriques avec une intégration renforcée des pays membres de la zone euro, Jean-Claude Juncker refuse cette partition et veut maintenir une cohésion globale des 27, quitte à aller moins loin et moins vite. Le premier veut un parlement spécifique à la zone euro, le second craint un cafouillage avec deux parlements européens simultanés.

Le premier souhaite une liste paneuropéenne avec un quota de sièges réservés à Strasbourg, le second ne reprend pas cette idée majeure pour les fédéralistes. La logique de Macron sera de déboucher sur des réformes structurelles et la préparation d’un nouveau traité. Juncker n’en veut pas, encore traumatisé par le refus de ratification par certains peuples consultés dans le passé.

Attention toutefois à ne pas se méprendre : Juncker n’est pas moins ambitieux que Macron. Il propose par exemple l’élection par les Européens d’un président unique qui dirigerait à la fois le Conseil et la Commission européenne. Tous les deux sont favorables à la création d’un super Commissaire aux affaires économiques qui vraisemblablement regrouperait les responsabilités actuelles exercées par Pierre Moscovici avec celle de président de l’Euro-Groupe.

Il y a un an à peine, l’Europe était en panne. Aujourd’hui, ce sont deux projets qui en quelques semaines sont sur la table. On peut reprocher à celui du « jeune » président français d’être centrifuge et de vouloir accroître l’écart douloureux – que nous vivons chaque jour au Parlement européen sur de nombreux textes en débat – entre l’est et l’ouest de l’Union. On peut critiquer celui du « vieux » renard du Benelux qui ira forcément moins vite et se limitera au plus petit commun dénominateur à 27.

Mais ces deux projets sont le signe d’un dynamisme bien réel. Et puis, bien que différents, ils peuvent être combinés. On pourra « à la fois » permettre à la zone euro de mieux s’intégrer et à l’Union de consolider sa gouvernance.

Et puisqu’il faut choisir, comme Guy Verhofstadt et l’immense majorité fédéraliste du groupe ADLE du Parlement, ma nette préférence va forcément à ce que propose le président français. Sans négliger pour autant, on l’a bien compris, le paquet « Juncker ».

 

Robert Rochefort, Député européen

Brèves

 

Une invitée de marque au groupe ADLE, Federica Mogherini

Lors de la session plénière de septembre 2017, les membres du groupe ADLE ont eu l’occasion de discuter du futur de la politique étrangère européenne avec la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Plusieurs thèmes ont été abordés : les avancées en termes de défense européenne, les relations avec la Russie, la stratégie à adopter avec la Turquie, les actions à venir pour la reconstruction de la Syrie ou encore l’influence politique de l’Union dans les États des Balkans.

 

Non à un nouveau soja génétiquement modifié

Robert Rochefort s’est opposé, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, à l’entrée sur le marché d’un nouveau soja génétiquement modifié. Il a rappelé à cette occasion les motifs de cette objection : le caractère non démocratique du processus décisionnel, le principe de précaution, le manque d’évaluation des risques pour la santé humaine et animale, ainsi que les risques d’un encouragement à l’usage intensif de pesticides.

 

 

Rencontre entre députés européens et la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale

Le Bureau de la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale s’est rendu au Parlement européen de Strasbourg. Robert Rochefort les a rencontrés à cette occasion. Il a tenu à rappeler sa conviction que c’est par ces échanges concrets sur des textes législatifs en cours d’élaboration que les hommes et femmes politiques se rendent véritablement utiles. Loin des grands discours, ces échanges permettent de mieux se coordonner et d’être plus efficaces dans l’intérêt de tous les citoyens.

 

 

Halte au massacre des baleines

Rappel à l’ordre de la Norvège qui poursuit ses activités de chasse à la baleine malgré le moratoire instauré par la Commission baleinière internationale (CBI) en 1982. Robert Rochefort a soutenu la proposition de résolution du Parlement européen qui demande de mettre un terme aux subventions destinées à l’industrie de la baleine et condamne la consommation et l’utilisation de produits résultant de cette chasse. Le texte adopté rappelle par ailleurs qu’il est inacceptable que la chair de baleine ait pu transiter dans les ports européens.

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